« Un premier lieu essentiel d’apprentissage de l’espérance est la prière. Si personne ne m’écoute plus, Dieu m’écoute encore. Si je ne peux plus parler avec personne, si je ne peux plus invoquer personne – je peux toujours parler à Dieu. S’il n’y a plus personne qui peut m’aider – là où il s’agit d’une nécessité ou d’une attente qui dépasse la capacité humaine d’espérer, Lui peut m’aider. Si je suis relégué dans une extrême solitude… ; celui qui prie n’est jamais totalement seul. » Benoît XVI, Spe Salvi, 32
Le Maître de la prière
« Aie un grand courage, et tu auras Dieu Lui-même pour maître de prière. Il est impossible d’apprendre à voir au moyen de paroles, parce que voir est un effet de nature. Il est tout aussi impossible d’apprendre la beauté de la prière par l’enseignement d’autrui. La prière ne s’apprend que dans la prière et elle a Dieu pour maître, Lui qui enseigne à l’homme la science (Ps 93, 10), qui accorde le don de la prière à celui qui prie, et qui bénit les années des justes (1 Sm 2, 9). Amen. » Jean Climaque (VIIe siècle), L’Echelle sainte
Apaise-toi …
« Apaise-toi toi-même, et le ciel et la terre te combleront de paix.
Efforce-toi d’entrer dans le trésor de ton cœur, et tu verras le trésor du ciel. Car l’un et l’autre sont le même.
Entrant dans l’un, tu contemples les deux.
L’échelle de ce Royaume est en toi, cachée dans ton âme. » Isaac de Ninive, syriaque (VIIe siècle)
L’atome d’or
« Tu es un grain de poussière, mais au fond de ce grain de poussière gît un atome d’or ». Mohamed Iqbal (poète et philosophe musulman de l’Inde britannique)
L’au-delà de nous-mêmes
« L’homme est un abîme de mystère éblouissant qui ne se réalise que dans et par la contemplation, et nulle action ne peut la remplacer. Tout l’être et l’agir de l’homme sont en dépendance directe et totale de cet Au-delà au fond de nous-mêmes. » Alphonse Goettmann
Est-ce trop demander?
« Travailler à soi-même, ce n’est pas faire preuve d’individualisme morbide. Si la paix s’installe un jour, elle ne pourra être authentique que si chaque individu fait d’abord la paix en soi-même, extirpe tout sentiment de haine pour quelque race ou quelque peuple que ce soit, ou bien domine cette haine et la change en autre chose, peut-être même à la longue en amour – ou est-ce trop demander ? C’est pourtant la seule solution. Je pourrais continuer ainsi des pages entières. Ce petit morceau d’éternité qu’on porte en soi, on peut l’épuiser en un mot aussi bien qu’en dix gros traités. Je suis une femme heureuse et je chante les louanges de cette vie, oui vous avez bien lu, en l’an de grâce 1942, la énième année de guerre. » Hillesum, Etty, Une vie bouleversée.
La pratique de la voie
« Un maître en discipline monastique nommé Yüan interrogea Pai Chang Huai-Hai :
– Maître, vous appliquez-vous à pratiquer la Voie ?
– Oui
– Comment ?
– quand j’ai faim, je mange. Quand je suis fatigué, je dors.
– tout le monde ne fait-il pas les mêmes efforts que vous ?
– Non, pas de la même manière.
– Pourquoi ?
– quand ils mangent, ils pensent à cent choses différentes. Quand ils s’endorment, ils réfléchissent à mille problèmes. Voilà pourquoi ils sont différents de moi.
Le maître en discipline fut réduit au silence. »
Le goût du zen – Recueil de propos et d’anecdotes, Gallimard, 1993
Le puits d’eau vive
« Remarquez bien que chacune de nos âmes contient en quelque sorte un puits d’eau vive ; il y a en elle un certain sens céleste, une image de Dieu enfouie… Il est là, le Verbe de Dieu, et son opération actuelle est de dégager le sable de votre âme à chacun, pour faire jaillir votre source. Cette source est en vous et ne vient pas du dehors, car « le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc 17,21). »
Origène (IVe siècle), Homélies sur la Genèse, 13.
La porte du ciel
« Une même porte
Est celle du ciel
et celle de notre cœur.
Si donc nous ouvrons notre cœur
par la garde des commandements,
celle du ciel nous sera ouverte,
car Celui qui demeure dans le cœur est Celui-là même qui habite dans le ciel. »
Joseph de Hazzaya, syriaque du VIIIe siècle
